Tipi, science et conscience

Conférence de Luc Nicon
(bilan sur les connaissances scientifiques autour de Tipi)
organisée par Tipi Humanity à Paris, le 29 septembre 2015.

Contenu de la conférence :
– le parcours de Luc Nicon vers Tipi
– les découvertes de Luc Nicon sur le fonctionnement émotionnel
– les origines de nos dysfonctionnements émotionnels
– les hypothèses scientifiques sur le fonctionnement de Tipi
– une ressource naturelle de l’humanité

Dr. Shoshana Simons échange sur Tipi avec Luc Nicon à l’Université de CIIS, San Francisco, Californie, USA

Les questions de Shoshana Simons, responsable de programme à l’université de CIIS, sont en anglais sous-titrées en français et les réponses de Luc Nicon, fondateur de Tipi, sont en français sous-titrées en anglais.

 


L’université CIIS
est réputée pour son innovation pédagogique et son ouverture d’esprit.

Dr. Shoshana Simons in conversation with Luc Nicon at CIIS, San Francisco, California

Positiver nuit à la santé !

 

Ce titre peut paraître provocateur mais, malheureusement, il ne fait que traduire en raccourci notre réalité.

Depuis mon enfance, j’entends à longueur de journée qu’il faut taire ses émotions, dépasser les insatisfactions, transcender les difficultés. Enfin bref, sourire à la vie en toute occasion.

Derrière ces injonctions pleines de bonne volonté, de quoi s’agit-il ? En fait, on nous propose tout simplement de souffrir en silence, de sauver la face même si l’intérieur va mal. Nous ne sommes pas heureux mais il ne faut pas le montrer, pas l’accepter, refouler en nous cette révolte contre la vie, contre notre vie. Il est de bon ton d’exprimer la partie rayonnante de nous-même et de refouler la partie obscure dans les bas-fonds de notre inconscient.

Mais que deviennent nos frustrations, nos peurs, nos stress, nos colères ? Où vont ces émotions ? Peuvent-elles disparaître par la simple force de notre volonté, comme d’un coup de baguette magique ? Et non, elles continuent à tourner en rond en nous. Tapie dans l’ombre de l’assurance que nous affichons, l’angoisse rôde. Derrière le sourire positif, la peur est toujours là.

Pour réprimer nos peurs, dans le meilleur des cas, nous utilisons beaucoup d’énergie : j’ai peur quand je fais du ski, mais je suis courageux et je suis fier d’être plus fort que ma peur… Peut importe si je suis vidé ensuite. Une bonne nuit de sommeil et je serai d’attaque pour faire face à d’autres défis, avec d’autres peurs. C’est le cas de figure le plus optimiste.

Cela devient plus grave lorsque notre corps réagit par de multiples manifestations indésirables : tout le cortège des réactions psychosomatiques est concerné, mais avec également, les chercheurs en sont de plus en plus convaincus, la plupart des maladies. En effet, chaque fois que je veux faire taire une émotion qui ne me convient pas ou que je la réprime parce qu’elle n’est pas convenable pour mon entourage, je me mets finalement en danger.

Pour limiter les dégâts, nous avons pour la plupart adopté une attitude salutaire : éviter le plus possible tout ce qui nous met en difficulté. Le problème, c’est que nous finissons par avoir une vie extrêmement rétrécie. Bien installés dans notre zone de confort, nous ne mettons plus le nez dehors et nous laissons s’éloigner les mille et une possibilités d’une vie meilleure – la vie que, au fond de nous-même, nous aimerions vivre. L’amertume, l’insatisfaction, la colère nous guettent, et ces émotions finissent à leur tour par se transformer en manifestations psychosomatiques ou en maladies. En fin de compte, l’évitement retarde l’échéance mais nous n’y échappons pas !


Il faut arrêter de se cacher, de masquer nos paniques, de gérer nos stress, de tenir à distance nos phobies, de surmonter nos inhibitions, de réprimer nos colères, notre violence. L’heure est venue de cesser de faire l’autruche. Il est temps d’aller à la rencontre de nos peurs. Elles sont le signal que quelque chose ne va pas, en nous, à l’intérieur. En effet, ce n’est pas l’extérieur qui provoque nos difficultés, ce sont bien nos propres dysfonctionnements qui nous polluent l’existence. Pourquoi est-ce que je me mets en colère contre mon enfant ? Parce qu’il ne fait pas ce que je veux ? Non, cette agressivité est seulement l’expression de ma peur, la peur qu’il ne réussisse pas, la peur de ne pas savoir l’aider, la peur de ne pas être écouté ou respecté, etc. M’emporter après mon enfant arrangera rarement la situation et, de toute façon, ne résoudra pas la peur qui me pousse à l’agressivité.

Toutes ces émotions désagréables que je refoule, que je cache, ce sont pourtant elles qui me montrent la voie. Elles m’invitent à les suivre pour me conduire là où je peux enfin les rencontrer et les traverser une bonne fois pour toutes.

Nous avons tous la capacité naturelle de réguler nos émotions, définitivement. Dès que nous sommes en réaction émotionnelle, il nous suffit de porter attention aux sensations présentes dans notre corps et de rester en connexion avec elles, sans rien faire, sans rien vouloir, le temps qu’elles évoluent jusqu’à s’apaiser. Le processus dure une vingtaine de secondes en moyenne. Après cela, nous sommes sereins et faire face à la situation qui exacerbait notre peur ne provoque plus aucune manifestation émotionnelle. Et elle n’en provoquera plus jamais.

Cette capacité naturelle est universelle, quelle que soit notre culture, notre religion, notre éducation. Elle est disponible à volonté, sans aide extérieure. Il suffit de changer nos habitudes. Nous n’avons pas besoin de chercher à gérer nos émotions en positivant, en respirant un bon coup pour se relaxer, en avalant de la nourriture, des médicaments ou des drogues pour les calmer, en se lançant à corps perdu dans une activité, etc. Il faut simplement traverser nos réactions émotionnelles à l’instant où elles se produisent.

Désormais, inutile de faire bonne figure en s’efforçant de sourire quand la peur nous gagne : traversons-là et elle disparaitra définitivement et nous pourrons alors, naturellement, sans effort, sourire magnifiquement à la vie.

What is Tipi?

Une animation vidéo “fun” réalisée en anglais pour expliquer Tipi et son utilisation en séance d’accompagnement.

Tipi pour les petits : une formation expresse pour les parents

5046346_mLes enfants de 2 à 8 ans sont en prise directe avec leur capacité à réguler leurs émotions, leurs blocages émotionnels. Avec eux, cette ressource naturelle est encore plus simple et rapide à mettre en œuvre. A tel point qu’une très courte formation suffit aux parents ou à tous ceux qui côtoient les enfants au quotidien pour réguler leurs difficultés émotionnelles.

Pour plus d’informations, voir la page Intervenir auprès d’un enfant

Soirée de présentation du Film de Formation “Tipi en situation”.

TipiSituationLe 7 avril, à Paris, en avant première, le film “Tipi en situation” sera projeté en présence de Luc Nicon, le fondateur de Tipi, et de l’ensemble des personnes qui ont participé à ce projet.

Si vous souhaitez assister à cette soirée : http://www.tipihumanity.org/category/actions/

Le lendemain, le film sera disponible sur toutes les plates-formes vidéo sur internet.

L’émotion : un ensemble de sensations physiques

4200166_mUne émotion se manifeste par un ensemble de « sensations physiques » ressenti dans notre corps.
Ces manifestations sont concrètes et descriptibles : palpitations, nœud à l’estomac, bouffées de chaleur…
Si notre corps réagit physiquement lorsque nous sommes confrontés à notre environnement, à nos pensées ou à nos souvenirs, alors nous éprouvons une émotion. Et si les manifestations physiques que nous ressentons sont désagréables, l’émotion l’est également.

Si nous sommes tendus, stressés, angoissés, inhibés, bloqués, c’est parce que notre corps, en réagissant à une stimulation de notre mémoire, produit des sensations physiques indésirables qui ne nous permettent plus d’agir normalement. Ces sensations désagréables sont donc inévitablement en nous. La plupart sont des tensions musculaires et sont aisément repérables pour peu que nous leur portions attention.

Revivre sensoriellement et la psychothérapie

16560622_mLa psychothérapie considère généralement le choc physique ou émotionnel qui a tout juste précédé l’apparition des symptômes de perturbation émotionnelle d’une personne comme l’origine de sa souffrance. Pour les psychothérapeutes, c’est autour de cet événement (qu’il semble logique de qualifier d’initial puisqu’aucune manifestation émotionnelle ne préexistait avant lui) que se centre principalement la thérapie. La difficulté de régulation d’une perturbation émotionnelle chronique en psychothérapie peut s’expliquer par le fait que la chronicité semble systématiquement provoquée par un événement antérieur ayant entraîné une perte de conscience. Ce premier événement qui a été occulté de la mémoire consciente est inaccessible par une investigation psychologique traditionnelle.
Néanmoins, de plus en plus souvent ces dernières décennies, l’événement traumatique initial est recherché par certains psychothérapeutes dans la période périnatale et, souvent, cet événement est correctement identifié. Ce n’est pas pour autant que la personne peut désactiver le blocage qui empêche la régulation de sa difficulté émotionnelle. La raison en est le point de vue essentiellement intellectuel et psychologique avec lequel ce premier événement est abordé.
Bien sûr, l’événement à l’origine d’une perte de conscience peut être assimilé à l’événement traumatique déclencheur recherché habituellement par les thérapeutes, mais cette recherche est généralement teintée d’une connotation psychologique, qui entraîne un point de vue essentiellement relationnel sur l’événement. Par exemple, si un fœtus a cohabité avec un jumeau qui n’a pas survécu, le traumatisme, s’il est identifié, sera analysé dans ses implications relationnelles (sentiment de détresse, de solitude ou d’abandon, rapports fusionnels avec son entourage, incapacité à vivre des relations durables ou, au contraire, à assumer les ruptures, etc.). Le même événement abordé par le biais des manifestations physiques de la peur peut conduire, par exemple, à revivre une perte de conscience provoquée par le phénomène d’aspiration particulièrement marqué qui accompagne l’évacuation du jumeau. En abordant les sensations répulsives engendrées par la situation, c’est le risque physique encouru par la personne qui est mis en relief, alors qu’en analysant psychologiquement son rapport à l’événement, c’est la relation affective de la personne avec son environnement qui est développée. Côté physique, la disparition du jumeau est un événement violent mettant en jeu la survie physique de celui qui reste. Côté psychologique, cette disparition est surtout considérée comme un manque affectif difficile à surmonter. En fait, c’est certainement le ressenti physique éprouvé lors d’un événement particulièrement désagréable qui induit des répercussions psychologiques indésirables. Par la suite, lorsque l’introspection psychanalytique s’arrête à cet impact psychologique, elle ne va pas jusqu’au cœur de la souffrance physique.
Bien sûr, nous sommes plus à l’aise dans une approche psychologique, mais nos ressentis physiques semblent être seuls à pouvoir nous conduire de façon fiable jusqu’à l’origine de nos souffrances émotionnelles pour les réguler définitivement.